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N'exportons pas nos poisons

Pesticides

N'exportons pas nos poisons

L’Union Européenne interdit plus de 100 pesticides, mais autorise leur production pour l’exportation. Les multinationales BASF, Bayer, Corteva et Syngenta en profitent pour vendre leurs produits toxiques dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires, comme en Inde, au Brésil ou au Maroc. Ces pesticides y causent des ravages.

Exigeons que l’UE tienne sa promesse et interdise totalement la production et l'exportation des pesticides et substances actives interdits sur son sol !

L’Union européenne est la première région productrice et exportatrice de pesticides dans le monde, devant la Chine et les États-Unis. Depuis 20 ans, ces exportations n'ont fait qu'augmenter.

Or l’usage intensif des pesticides a des conséquences désastreuses pour l’environnement, et pour la santé humaine. Il présente un danger pour les consommatrices et consommateurs, mais surtout pour les personnes qui les manipulent dans leurs champs ou dans des plantations.

Malgré un lobbying intense des multinationales qui les produisent, l’Union européenne a interdit l’usage d’une centaine de pesticides particulièrement toxiques. Mais les quatre entreprises qui se partagent le marché mondial des pesticides – c’est-à-dire BASF, Bayer-Monsanto, Corteva et Syngenta – restent autorisées à les fabriquer en Europe et à les vendre ailleurs !

Les pesticides les plus dangereux font partie des meilleures ventes

D'après une enquête de l'ONG suisse Publie Eye, 12 des 20 pesticides les plus vendus au monde sont classés comme "extrêmement dangereux" par le Réseau d'Action contre les Pesticides (PAN). Le glyphosate est largement en tête des ventes. Ces produits représenteraient 60 % à 70% du volume de pesticides employés dans les pays "à revenus faibles ou intermédiaires".

Quand le travail nuit à la santé

Les paysan∙ne∙s et les ouvrier∙ère∙s agricoles sont les premières victimes des pesticides, en particulier dans les pays où leur utilisation reste peu réglementée et où beaucoup d'échanges commerciaux restent informels.

Les recommandations des fabriquants sont la plupart du temps négligées dans de nombreux pays, pour de nombreuses raisons : manque de formation des paysannes et paysans, absence d'équipements de protection pour les personnes employées dans les grandes plantations, équipements trop chers ou inenvisageables en raison de la chaleur, instructions écrites dans une langue étrangère, etc.

Dans le monde, les pesticides seraient la cause de 385 millions d'intoxications aigües chaque année, essentiellement dans les pays "à revenus faibles ou intermédiaires".

"L’un de mes amis est mort en travaillant. Il avait un peu de nourriture emballée dans une feuille de bananier et s’est mis à la manger. Mais un avion était passé un peu plus tôt... Il est tombé très malade, et a fini par mourir."

Manuel (prénom modifié), ouvrier agricole en Équateur

Pesticides et discriminations de genre

Malheureusement, les cas d’empoisonnement aux pesticides sont souvent sous-diagnostiqués et sous-reportés chez les femmes. Pourtant, les pesticides ont des conséquences particulières pour les femmes enceintes et les femmes sont susceptibles de contracter des maladies spécifiques...

D'autre part, lorsque les pesticides employés dans les monocultures de soja, de bananes ou de thé forcent la population riveraine à pacourir des distances toujours plus grandes pour s'approvisionner en eau, ce sont dans l'immense majorité des femmes qui voient leurs journées de travail s'allonger, au point parfois de devoir abandonner toute activité rémunératrice. Et lorsque des malformations ou des maladies frappent les personnes exposées à des pesticides, ce sont encore des jeunes filles et des femmes qui assurent, en majorité, les soins requis.

Pour toutes ces raisons, la mobilisation pour une régulation de l'usage des pesticides est une lutte féministe.

LIRE LA LETTRE DE l'APPEL URGENT

Lettre de pétition

En signant cette pétition, vous adressez un courriel à Mme Jessika Roswall, Commissaire européenne à l’Environnement, dont voici le contenu :

Madame la Commissaire europénne,

L’Union européenne a interdit une centaine de pesticides pour protéger la santé humaine et l’environnement. Les produits concernés sont en effet mutagènes, cancérigènes, toxiques pour la reproduction, perturbateurs endocriniens, et certains d’entre eux sont considérés comme des polluants organiques persistants (POP) ou des toxiques bioaccumulables persistants (PBT).

Toutefois, ces pesticides peuvent encore être produits dans l’Union européenne pour être exportés vers des pays tiers.

Ces exportations n’ont rien de marginal : en 2022, plus de 120 000 tonnes de pesticides extrêmement toxiques ont été exportés depuis l’Union européenne, essentiellement vers des pays « à revenu faible ou intermédiaire » comme le Maroc, l'Afrique du Sud, l'Inde, le Mexique, la Malaisie ou le Brésil. Et malheureusement, elles ne font qu’augmenter : d'après l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l’utilisation de pesticides dans le monde a presque doublé entre 1990 et 2021. Elle a triplé sur le continent africain, et décuplé en Amérique du Sud.

Mon inquiétude et mon incompréhension sont d’autant plus vives qu’une grande partie des pesticides exportés par l’Union européenne sont employés pour produire mon alimentation. Je refuse de contribuer, en mangeant des lasagnes ou en buvant mon jus d’orange, à l’intoxication de milliers de personnes mal informées et mal protégées contre des produits interdits en Europe !

En octobre 2020, la Commission européenne s’est engagée, dans sa stratégie de durabilité concernant les produits chimiques, à ce que l’UE "montre l’exemple et, conformément aux engagements internationaux, veille à ce que les produits chimiques dangereux interdits dans l’Union européenne ne soient pas produits pour l’exportation, y compris en modifiant la législation pertinente si nécessaire".

En décembre 2022, 326 ONG présentes sur tous les continents ont interpellé la Commission européenne à ce sujet, dans une déclaration commune qui rappelle cet engagement indispensable.

Depuis, rien ne semble avoir été entrepris pour mettre un terme à ce scandale !

En soutien à des centaines d’organisations paysannes et d’associations de protection de l’environnement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, je vous prie instamment, Madame la Commissaire européenne, de promouvoir l’interdiction, a minima, de produire et d’exporter des pesticides et des substances dont l’usage est interdit en Europe.

Dans cet espoir, je vous remercie de m’informer de votre décision à ce sujet et vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Commissaire européenne, l’expression de ma haute considération.