D’où vient la mode du « made in Bangladesh » ?
Si la plupart des vêtements portés en France viennent d’ailleurs, c’est parce que la réduction des droits de douane et des frais de transport ont permis, dès les années 70, une délocalisation progressive de la production vers des pays réputés pour leurs bas salaires.
Considéré par la Confédération syndicale internationale comme l’un des dix pires pays où travailler dans le monde, le Bangladesh est depuis plusieurs années le deuxième exportateur mondial de vêtements derrière la Chine. En 2024, environ 80 % des exportations étaient destinées à l’Europe et aux Etats-Unis.
Au Bangladesh, l’industrie du prêt-à-porter emploie plus de 4 millions de personnes, dont une majorité de femmes, dans des milliers d’usines et d’ateliers de toutes tailles qui se font concurrence. En 2023, après des semaines de grèves et de manifestations, les ouvrières n’ont obtenu qu’une maigre augmentation du salaire minimum dans le secteur, qui est passé à... 104 € par mois. Un montant pareil ne permet pas, même au Bangladesh, de "joindre les deux bouts", mais il paraît encore trop cher à certaines marques, comme Decathlon.
En février 2025, un document interne cité par le média Disclose mentionnait en effet comme critère de sélection de ses fournisseurs "un salaire minimal inférieur au salaire moyen". Si le critère n’est pas unique, il en dit tout de même long !

